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Le PRG apporte tout son soutien aux manifestations et aux grèves du 7 septembre
Le parti radical de gauche apporte tout son soutien aux manifestations et aux grèves du 7 septembre pour la défense des retraites. La retraite est le seul patrimoine de celles et ceux qui n’en ont aucun. En s’attaquant à la retraite des plus modestes avec une réforme injuste le gouvernement fait une grave erreur économique et sociale. L’exigence de solidarité et de justice sociale ne peut pas être abandonnée alors que chaque jour on voit s’étaler les relations incestueuses de la majorité UMP avec les ultra riches ! Les élu(e)s et militant(e)s parisiens du PRG et des JRG donnent rendez-vous à 13h30 devant le Cirque d'Hiver (M° Fille du Calvaire) pour montrer leur solidarité avec les syndicats et dire au gouvernement : UNE AUTRE REFORME EST POSSIBLE !
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Autres articles :
Le métro jusqu'à 2 h 15, priorité des élus parisiens
Il fonctionne déjà jusqu'à 2 h15 le samedi depuis le 6 janvier. Et les élus parisiens souhaiteraient que cette «rallonge» des horaires du métro soit étendue à tous les jours de la semaine. Sous la pression d'Anme Hidalgo, première adjointe (PS) de Bertrand Delanoë, cette mesure a été rajoutée in extremis au plan de déplacements de Paris (PDP), fmalisé la semaine dernière.
Ce plan, qui fixe les règles des déplacements de Paris dans les vingt années à venir, sera proposé au vote des élus le 12 février. «A Paris, 15 % des actifs travaillent entre minuit et 6 heures, et 45 % des actifs sont concernés par la tranche 20 heures-6 heures, soit parce qu'ils finissent tard soit parce qu'ils commencent tôt, explique Arme Hidalgo.
Ces gens ont droit aussi à des transports en commun, tout comme ceux qui souhaitent profiter de la vie nocturne le samedi soir. »
Autre adjoint à avoir milité pour cette proposition, Jean-Bemard Bros (PRG), chargé du tourisme: « C'est une très bonne nouvelle ! se réjouit l'adjoint au maire. Le PRG en avait fait une priorité dans son programme en 2001 pour les municipales. C'est un message fort pour les travailleurs du secteur du tourisme, de la restauration, des cafés et des commerces de nuit ».
Même si cette proposition est inscrite dans le PDP, elle ne dépend pas de la mairie de Paris: seuls le Stif ,le financeur des transports d'Ile-de-France, et la RATP peuvent en décider. Cette mesure n'est donc pour l'instant qu'un simple voeu de la mairie de Paris, qui finance cependant 30 % du Stif.
Article de Sebastien Ramnoux, paru dans le Parisien, le 18 janvier 2007
Reconnaissance du droit de vote des étrangers aux élections municipales
L'opération "Votation Citoyenne" , initiative lancée par la LDH et dont le PRG et les JRG sont membres et qui a eu lieu dans toute la France du 16 au 22 octobre 2006 s'est notamment tenue le samedi 21 octobre lors de notre Congrés Extraordinaire à Paris.
En voici les résultats :
A la question "Êtes-vous pour la reconnaissance du droit de vote et
d’éligibilité des résidents étrangers aux élections locales?", les 227
votants se sont prononcés à 86,78% pour , à 12,3% contre et 0,88% ont voté blancs.
Les résultats nationaux prononcés le 26 octobre à l'Hôtel de Ville de
Paris sont les suivants :
Pour: 91,2% Contre: 8,2% Blancs ou nuls : 0,6 %.
Nous remercions toutes les personnes ayant pris part au vote , en
rappelant que la reconnaissance du droit de vote des étrangers aux élections municipales figure dans notre programme radical.
Charles Salmon, JRG Paris.
Pour plus d'informations :
www.ldh-france.org
Les Radicaux de gauche pour des Primaires
PARIS (AFP) - Le Parti radical de gauche (PRG) a lancé une offensive pour faire accepter au reste de la gauche, réticente, l'organisation de primaires à l'italienne pour la présidentielle de 2007, afin d'éviter la multiplication dangereuse des candidatures qui se profile.
Partisan du "rassemblement de la gauche", le PRG a déposé mercredi une proposition de loi à l'Assemblée nationale et au Sénat portant sur l'organisation de primaires pour l'élection présidentielle, a annoncé son président Jean-Michel Baylet, sénateur du Tarn-et-Garonne.
En 12 articles, ce texte, rédigé par Roger-Gérard Schwartzenberg, député du Val-de-Marne, détaille les modalités de l'opération qui s'inspire à la fois des primaires américaines et de celles organisées en Italie, qui ont permis la désignation du chef de file de la gauche, Romano Prodi, pour les législatives d'avril 2006.
Les primaires françaises, propose le PRG, seraient organisées par les partis de droite comme de gauche, mais seulement "s'ils le souhaitent", huit à quatre mois avant l'élection présidentielle -soit entre septembre et décembre 2006.
Le clou de la proposition est la prise en charge par l'Etat du coût de l'opération, qui devrait s'élever à environ 30% d'une campagne présidentielle. L'Etat n'y perd pas puisque le nombre de candidats du premier tour bénéficiant de financements serait alors réduit, argue le PRG.
Roger-Gérard Schwartzenberg égrène les avantages des primaires: elles "démocratisent" la sélection des candidats à l'Elysée, qui devient l'affaire de millions de citoyens et non plus des seuls adhérents des grands partis -"340.000 personnes pour le PS et l'UMP réunis".
Surtout, les primaires permettraient d'"éviter la multiplication des candidatures à gauche mais aussi à droite", indique-t-il. La présidentielle 2007 s'annonce houleuse, puisque, à 14 mois des échéances, treize candidats se sont déjà officiellement déclarés.
L'initiative, souligne M. Baylet, procède avant tout d'une "démarche politique" pour éviter la réédition du scénario de 2002 où la multiplication des candidats avait contribué à l'élimination de la gauche du deuxième tour au profit de l'extrême droite.
Le PRG appelle ses partenaires de l'ex-gauche plurielle à "co-signer" le texte et compte sur le groupe parlementaire socialiste pour l'inscrire dans une niche parlementaire, afin qu'elle soit discutée en séance.
Parallèlement, une "pétition" sera lancée auprès des Français pour soutenir l'initiative, manière de faire pression sur "les états-majors" des partis de gauche, souligne M. Baylet qui veut aussi que la question soit débattue par le "Comité de liaison" mis en place la semaine dernière par le sommet de la gauche en vue des échéances de 2007.
Pour l'heure, les primaires sont loin de faire l'unanimité: le numéro un du PCF Marie-George Buffet a réitéré qu'elle y était hostile. Les Verts, en pleine sélection de leur propore candidat pour 2007, n'en veulent théoriquement pas non plus.
Quant au Parti socialiste, M. Baylet n'y voit que "pagaille et rivalités" entre les présidentiables. Mais, rappelle-t-il, plusieurs ténors, comme Henri Emmanuelli, Vincent Peillon ou Arnaud Montebourg, soutiennent l'idée. Le premier secrétaire François Hollande y est favorable, à condition que le PS soit libre de choisir son propre candidat.
En lançant son offensive, M. Baylet estime avoir "tout fait" pour un candidat unique de la gauche. S'il échoue, il n'exclut pas que son parti, qui avait présenté en 2002 Christiane Taubira, ait en 2007 son candidat, qui pourrait être Bernard Tapie.
AFP, le 15 février 2006
Une plaque "Emile Combes" grâce aux élus PRG
Le conseil de Paris, réuni depuis lundi, a décidé mercredi dans un "voeu" d'apposer une plaque au nom d'Emile Combes rue Claude
Bernard dans le 5e arrondissement, pour l'année du centenaire de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat.
Aucune artère ou place de la capitale ne porte le nom d'Emile Combes,
président du Conseil sous la IIIe République grâce au soutien d'une majorité unissant les radicaux et les socialistes de Jaurès. Emile Combes a habité rue Claude Bernard.
Le voeu adopté, présenté par le groupe socialiste radical de gauche,
rappelle qu'Emile Combes, "disparu il y a 84 ans", rompit les relations
diplomatiques avec le Vatican en 1904 et engagea le processus législatif qui a abouti à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat promulguée le 9 décembre 1905.
AFP, le 14 décembre 2005
Laïcité : Restons vigilants !
Des voix s’élèvent à droite comme à gauche pour remettre en cause la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. A droite c’est Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur et des cultes, qui mène la charge depuis plusieurs années pour imposer un modèle communautariste à l’américaine. A Paris, ce sont ses forces de l’ordre qui ont empêché les élus du Conseil de Paris de manifester contre la menace sectaire devant le siège de l’Eglise de Scientologie. A gauche ce sont des maires qui jouent aux apprentis sorciers avec cette loi fondatrice du pacte républicain, des élus qui pèchent par naïveté, cèdent aux pressions des associations cultuelles ou confondent laïcité et œcuménisme.
L’année du centenaire de la Loi de 1905, la Fédération de Paris du PRG veut sensibiliser les Parisiens sur ces dérives et les appeler à la vigilance. Nous lançons également solennellement un appel aux élus :
APPEL AUX ELUS POUR LA PROMOTION et L'APPLICATION DU PRINICPE DE LAÏCITE DANS LES COLLECTIVITES LOCALES ET TERRITORIALES
Héritiers directs de la pensée politique qui a permis le choix définitif de la forme républicaine de l'État, la généralisation de l’instruction publique gratuite et obligatoire et la séparation des églises et de l'État, les radicaux sont naturellement attachés à la défense du principe de laïcité, colonne vertébrale de la République. Ils estiment que la période actuelle est cependant marquée par une certaine confusion quant à la définition de la laïcité et par la multiplication des consentements publics à une conception relative évolutive de ce principe essentiel. Ils regrettent d'autant plus cette confusion que l'on s'accorde pour estimer que la sauvegarde des droits de l'homme présuppose la reconnaissance de droits égaux pour tous les citoyens sans distinction aucune fondée, en particulier, sur les opinions ou les convictions philosophiques ou religieuses. D'où l'idée selon laquelle l'État moderne doit être non confessionnel c'est à dire laïque, l'application concrète de ce principe incombant alors tant aux services de l'État qu'à ceux des collectivités locales et territoriales
Les radicaux regardent la laïcité comme la garantie de la neutralité absolue des institutions publiques à l’égard des influences confessionnelles, partisanes et économiques. Le rempart de la laïcité protège l’espace public, et le protège absolument. Il réalise la sécularisation du concept de sanctuaire. Au sens profane du terme, les institutions publiques sont sacrées. Fondée sur les principes de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, spécialement sur les règles d’autonomie du sujet et d’égalité en droit, la laïcité dont l’objet même est de favoriser l’éveil de consciences libres, s’applique de façon naturellement privilégiée à l’école mais aussi à l'ensemble des services publics gérés par les collectivités locales. En ce la laïcité, si elle garantit la neutralité des institutions publiques, garantit également - et par suite logique - la liberté des individus dans l’espace privé. Elle donne aux individus des garanties rigoureusement égales. La mise en œuvre du principe de laïcité ne peut donc résulter que de la loi et non de pratiques administratives s’inspirant, de façon relative, d’environnements sociaux ou culturels différents. La loi laïque doit considérer tout également les individus, leurs groupements et associations. La République laïque ne procède à aucune hiérarchisation des communautés. Essentiellement profane elle garantit leur égalité dans l’espace public.
Or, les compétences dont disposent les collectivités locales leur permettent aisément d'avoir une politique religieuse, positivement par la promotion de tel ou tel groupement ou confession ; négativement par les pressions, les gènes, les refus ou les contraintes spécifiquement imposés à telle ou telle association perçue comme confessionnelle.
Qu'il s'agisse de la politique urbanistique (empêchement d'acquisition d'un batîment par la mise en oeuvre du droit de préemption, refus du droit de construire par refus d'une autorisation d'urbanisme ou à l'inverse garantie d'emprunt et bail emphytéotique), de la politique de gestion des fonctionnaires locaux, de la politique éducative (subvention et prise en charge de dépenses de fonctionnement, repas de substitution dans les cantines), de la politique sportive (ouverture de certains équipements à des périodes spécifiquement réservées aux femmes), de la politique sanitaire (période de consultation ou personnel spécifiquement féminin dans les dispensaires locaux) ou culturelle (processions et occupations de la voie publique, subvention ou à l'inverse refus de salle ou de moyens matériels à la mise en place où à la diffusion de tel ou tel spectacle/exposition), les collectivités locales disposent de nombreux moyens de promouvoir une politique cultuelle ou, à l'inverse, de porter atteinte à la liberté religieuse.
Aussi, face aux revendications idéologiques, communautaires ou sectaires qui se servent de cette dernière dimension religieuse pour asseoir leur message d'intolérance, de différence revendiquée et ce faisant d'exclusion, et parce que la laïcité apparaît comme l'élément fédérateur de tous les droits et libertés qui se rattachent à une vision humaine et solidaire d'une société fondée sur l'esprit de tolérance et sur le pluralisme des idées et des conceptions, les élus signataires de ce présent appel s'engagent :
–à promouvoir et à garantir les principes d'égalité devant la loi et de neutralité des services publics dans l'ensemble des politiques susceptibles d'être menées par la collectivité à laquelle ils appartiennent, fut-ce par le signalement aux autorités de tutelle de tel ou tel délibération, arrêté ou contrat qui leur semblerait contrevenir aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.
Consultez en ligne le :
Paris Radical n°4 spécial centenaire de la loi de 1905
Constitution européenne : Le PRG vote OUI
Communiqué de Jean-Bernard BROS, président de la fédération de Paris :
La procédure de référendum interne organisée par le Parti Radical de Gauche sur l’adoption du traité constitutionnel européen s’est conclue aujourd’hui par une très large victoire du OUI.
Le 18 novembre 2004, dans une tribune parue dans Libération co-signée avec notre conseiller régional Gilles Alayrac, j’avais pris position pour que la gauche réformiste française ne tourne pas le dos à ses voisins européens et soutienne l’adoption de ce traité pour une Europe plus politique et plus démocratique.
Je me félicite qu’avec plus de 67,5 % de voix pour le OUI nos militants démontrent que le PRG est le parti le plus européen de la gauche française.
Les Radicaux de Gauche parisiens invitent tous les partis de gauche favorables au traité constitutionnel européen à se retrouver pour faire campagne commune à Paris pour que le OUI triomphe au référendum du printemps prochain.
Un PLU amendé par les Radicaux
Le Conseil de Paris du 31 janvier 2005 a adopté le nouveau Plan Local d’Urbanisme (PLU) pour Paris.
Les groupes Socialiste et Radical de Gauche, MRC et PCF et la quasi-totalité des Verts ont voté pour le texte. L'UMP a voté contre et l'UDF s'est abstenue.
les Radicaux de Gauche constatent avec satisfaction que ce PLU prend en compte la dimension sociale en développant l’emploi là où il fait le plus défaut, le logement social dans les arrondissements où il est le plus faible. Il interdit aussi de densifier et de construire plus haut. Il confirme les partis pris exprimés par les 120 000 Parisiens ayant répondu au questionnaire.
Les élus du Parti Radical de Gauche au Conseil de Paris, Jean-Bernard BROS, adjoint au maire de Paris, et Gilles ALAYRAC, conseiller de Paris, ainsi que les élus radicaux de gauche d’arrondissement Jean-Christophe MICKAÏLOFF, Xavier LAUGAUDIN et Marie-Louise PADOVANI, avaient déposés plusieurs amendements au PLU qui ont été adoptés.
Ces amendements insistent notamment sur l’importance de préserver le dynamisme économique dans la capitale, sur la dimension internationale de Paris et sur le poids économique que représente le tourisme de loisirs et d’affaires dans la capitale mondiale du tourisme. Ils réaffirment la nécessité de que Paris se dote d’un grand auditorium et que la ville soit plus accessible aux personnes handicapées. Ils visent également à renforcer la réglementation sur la publicité urbaine.
Enfin, sensibles à la demande exprimée par les habitants lors de la consultation sur le PLU de ne pas voir diminuer les normes de places de stationnement à l’occasion des constructions d’habitations nouvelles, les Radicaux de Gauche ont soutenu un vœux pour étudier la possibilité d’un zonage spécifique modulant la norme moyenne du stationnement résidentiel en fonction des besoins locaux.
Encore simple projet, le PLU doit être soumis, en juin-juillet, à une enquête publique. Le texte définitif, qui ne devrait pas changer dans ses grandes lignes, sera à nouveau soumis au vote du Conseil de Paris début 2006.
Trombinoscope
L e radicalisme est le plus vieux courant politique du pays : près de 200 ans. S'il a pu accéder à une telle longévité, c'est sans doute parce qu'il porte en lui une jeunesse sans cesse renouvelée. Ce n'est pas le moindre des paradoxes du radicalisme que de démontrer sa vigueur par le fait même de son grand âge.
LE RADICALISME HÉROÏQUE (1870-1970)
4 septembre 1870 : l'empereur ayant été vaincu et fait prisonnier à Sedan par les armées prussiennes, la République fut proclamée. Puis, ce fut la Commune de Paris au printemps 1871. Les radicaux étaient, globalement, dans le tiers parti, celui qui tenta d'arrêter la guerre civile, et que les Versaillais assimilèrent souvent aux communards.
Aux lendemains de la Commune, la république était menacée, la droite monarchique, majoritaire à l'Assemblée Nationale, rêvant d'une restauration. Ce n'est qu'en 1879 que le danger fut repoussé.
C'est alors que les républicains, jusqu'alors unis, se scindèrent en deux tendances : les opportunistes et les radicaux.
OPPORTUNISTES ET RADICAUX
L es premiers, autour de Gambetta (devenu modéré) et de Jules Ferry (dont une fausse
légende veut qu'il ait été radical), proposaient d'attendre le moment opportun -c'est à dire jamais disaient d'aucuns- pour réaliser le programme de Belleville.
P our les radicaux regroupés autour de Georges Clémenceau (1841-1929) et de Camille Pelletan (1846-1915), il fallait le réaliser sans attendre. Les opportunistes voyaient volontiers dans les radicaux une certaine démagogie. C'est pourtant sous la pression des radicaux que Jules Ferry réalisa sa grande œuvre, déjà demandée en son temps par Ledru-Rollin : l'école gratuite, laïque et obligatoire.
Alors même que s'affrontaient opportunistes et radicaux, des nuances se faisaient jour parmi ces derniers. Certains étaient prêts à des compromis pour obtenir des portefeuilles ministériels (Floquet, Brisson), ce que refusaient les radicaux intransigeants, plus tard appelés radicaux-socialistes (Clémenceau, Pelletan).
Cette dualité du radicalisme fut durable. C'est elle qui donna naissance à un radicalisme de droite et à un radicalisme de gauche.
LE SOLIDARISME
A u tournant des XIXème et XXème siècles, les radicaux sentirent le besoin de préciser leur philosophie politique qui se revendiquait des grands principes républicains et de
l'héritage révolutionnaire. C'est alors que fut formulée par
Léon Bourgeois (1851-1927) , puis développée par le sociologue Célestin Bourglé (1870-1940), la doctrine du solidarisme (le premier publia Solidarité en 1896, le second Solidarisme en 1913).
L'idée de base est que l'homme est redevable à la société, sans laquelle il ne pourrait vivre. Certains, cependant, reçoivent davantage de la société qu'ils ne lui apportent, d'autres reçoivent moins qu'ils n'apportent. Il importe donc de rétablir l'équilibre du contrat social (Bourgeois préfère parler de "quasi-contrat") en donnant aux créanciers et en faisant payer les débiteurs. Ce trouvait ainsi justifié tout l'arsenal de ce que l'on appellera bien plus tard l'Etat providence : impôts sur le revenu, retraites, assurances sociales, etc. A la lutte des classes marxistes, le solidarisme préfère opposer la solidarité entre les classes.
Au total, le solidarisme se présente comme un refus du libéralisme et du collectivisme. "L'individu ne pouvant être sans l'espèce, l'espèce ne pouvant durer que par l'individu" (Léon Bourgeois).
LE PARTI REPUBLICAIN, RADICAL ET RADICAL-SOCIALISTE
A u gré de l'affaire Dreyfus qui avait occasionné un réflexe de défense républicaine dans le pays, les radicaux allaient enfin accéder au pouvoir et s'identifier un temps à la république elle-même. Mais auparavant, il leur fallait s'organiser davantage. La naissance du parti républicain, radical et radical-socialiste en 1901, en une période où se constituaient les grandes formations politiques de masse, fut une opération d'unification des diverses tendances du radicalisme, même si la tendance de gauche semblait l'emporter. La déclaration de clôture lue par Camille Pelletan insistait à l'union à gauche, la nationalisation des grands monopoles, la séparation de l'église et de
l'État, et l'impôt sur le revenu.
Ce n'est qu'en 1907, à Nancy, que le parti se dota d'un programme précis, nettement ancré à gauche. Ancrage à gauche que confirma le Congrès de Pau en 1913.
COMBES (1835-1921)
U n an après la constitution du parti radical, celui-ci remportait les élections législatives. Les années 1902-1905 allaient être les grandes heures du "bloc des gauches", unissant socialistes et radicaux autour de Jaurès, à la Chambre, et de
Combes , à la tête du gouvernement.
Le ministère Combes mena la lutte contre les congrégations religieuses, estimant que la destruction des chaînes intellectuelles étaient un préalable indispensable à la destruction des chaînes de travail.
Cette période resta longtemps mythique pour les radicaux, qui y reconnaissent leur âge d'or. Les élections de 1906 furent un nouveau triomphe radical. Clémenceau accéda à la présidence du Conseil. Jusqu'en 1914, les radicaux furent quasiment de tous les gouvernements.
RADICAUX DE GAUCHE, RADICAUX DE DROITE
Pourtant, leur programme ne fut que bien partiellement appliqué (virent cependant le jour les retraites ouvrières et l'impôt sur le revenu défendu par
Joseph Caillaux (1863-1944) ). C'est que l'anticléricalisme n'étant plus là pour les réunir, après la séparation de l'église et de l'état (1905), radicaux de gauche et radicaux de droite s'opposèrent.
Radicaux de gauche
Pour les premiers, le radicalisme devait rester fidèle aux idéaux qui avaient fait sa grandeur, même si son électorat n'était plus ouvrier : "les radicaux-socialistes sont un parti bourgeois qui a l'âme d'un parti du peuple". Ferdinand Buisson.
Radicaux de droite
Pour ces derniers, l'action devait s'aligner sur la sociologie des classes moyennes (petits commerçants, petits artisans, professions libérales) qui constituait leur électorat, et il fallait rompre avec les socialistes.
La contradiction entre l'idéal de gauche du radicalisme et sa sociologie parvint à son paroxysme dans l'entre-guerre, paralysant son activité gouvernementale. Le bilan du radicalisme de cette période - quant bien même on ait pu parler de république radicale - est singulier. C'est en ces temps d'indécision et d'affairisme (qu'on songe à l'affaire Stavisky) que s'est enflée une certaine réputation d'un radicalisme au centrisme à toute épreuve, expert en manœuvres tactiques pour se maintenir au pouvoir.
On serait ingrat cependant d'oublier les belles et grandes heures du Cartel des gauches (1924-1926) et du Front populaire (1936-1938) - Front populaire dont le programme, à la vérité, n'était rien d'autre qu'un programme radical de gauche, même si le mérite en
est trop souvent attribué aux seuls socialistes et communistes. Ces deux expériences furent de courte durée : l'une et l'autre étant venue buter sur les contradictions internes et le fameux "mur d'argent". Deux personnages dominèrent cette période, alternant à la tête du parti et dans les ministères : les deux
Edouard Herriot (1872-1957) et Daladier (1884-1970).
LES JEUNES TURCS
A l'initiative de quelques jeunes gens brillants et impertinents, de 1927 à 1934, une tentative de modernisation de la pensée radicale, accordant un poids accru aux
questions économiques : le mouvement jeune turc. Là encore, deux tendances s'y dessinaient, par delà les camaraderies de jeunes gens d'une même génération décidés à faire bouger les choses : une tendance gauche, nostalgique des traditions du XIXème siècle, autour de
Pierre Mendès France , Pierre Cot et Jacques Kayser ; une tendance technocratique et centriste, autour d'Emile Roche ou de Jean Luchaire.
LE NEO-RADICALISME ET LES TENTATIVES DE
RÉNOVATION RADICALE (1945-1994)
A la libération, en dépit du comportement héroïque de certains de ses membres tels
Jean Moulin , le radicalisme était discrédité. L'opinion publique l'assimilait par trop au régime de la IIIème république finissante, qui n'avait pas su préparer la guerre. On voulait du renouveau. Pourtant, en quelques années, le radicalisme allait reprendre une place essentielle sur l'échiquier politique, participant à toutes les expériences politiques à partir de 1947.
Mais le radicalisme d'alors n'était plus celui de 1936. Il était dans la lignée du néo-radicalisme défini en 1938 par Dalladier, hostile à l'ancrage à gauche du parti. Libéralisme ("debout les libéraux !" lanca René Mayer en 1949) et anti-communisme furent le nouveau credo radical, après que les tenants de l'aile gauche, sauf Mendès France, aient été exclus en 1946.
C'est justement Mendès France (1907-1983) qui devait essayer de ramener le radicalisme vers la gauche, dans une première tentative de rénovation. Après la chute de son gouvernement, le 5 février 1955 - gouvernement bientôt devenu mythique, du fait du courage et de la lucidité politique de son chef, tranchant les problèmes que l'on avait laissé pourrir - Pierre Mendès France prit la tête du parti radical le 4 mai 1955 (il était en réalité premier vice-président, Herriot occupant une assez peu radicale présidence… à vie !).
Le radicalisme connu alors un nouveau dynamisme. Une campagne d'adhésion fut lancée. Une école de cadres fut créée. Au vieux radicalisme rural du sud-ouest vint ainsi se superposer un radicalisme urbain, jeune, avec une certaine proportion de femmes et de catholiques de gauche. La greffe pourtant devait échouer.
Une partie des députés radicaux ne suivirent pas Mendès France dans son refus de la politique de guerre en Algérie de Guy Mollet. Pierre Mendès France démissionna de la tête du parti le 23 mai 1957.
Une partie des radicaux déçus par le parti devaient contribuer, en 1964, derrière Charles Hernu, à la constitution de la Convention des Institutions Républicaines, étape essentielle dans le parcours de François Mitterrand vers l'Elysée.
JEAN-JACQUES SERVAN-SCHREIBER
Une seconde tentative de rénovation fut menée deux ans plus tard par Jean-Jacques Servan-Schreiber, secrétaire national du parti en 1969 (sous la présidence de Maurice Faure), puis président en octobre 1971.
En janvier 1970, Servan Schreiber rédigea avec Michel Albert un Manifeste radical. L'inspiration en était moderniste et optimiste (on était encore dans les années de croissance et de plein emploi). Comme au temps de Mendès France, les adhésions se multiplièrent. On vit coexister de vieux radicaux et de jeunes technocrates ou managers. On a pu parler du "mariage du cassoulet et de l'ordinateur".
Le contexte institutionnel était alors très différent de celui qu'avait connu Pierre Mendès France. Au système multipolaire de la IVème république avait succédé le système bipolaire de la Ve. La voie de l'autonomie était très difficile pour un radicalisme situé au
centre de l'échiquier politique. Refusant l'alliance communiste prôné par le PS de François Mitterrand, Jean-Jacques Servan Schreiber chercha l'alliance des centristes. Ce fut l'éclatement du parti en octobre 1972. Le MRG naquit en janvier 1973, présidé par
Robert Fabre , et comprenant en son sein la plupart des parlementaires radicaux et des élus du sud-ouest. Le MRG devint la troisième composante de l'union de la gauche.
DU MRG A PARTI RADICAL DE GAUCHE
En 1977, le MRG s'opposa aux propositions communistes relatives à l'actualisation du programme commun. Il participa ainsi à la rupture de l'union de la gauche. En 1981, les radicaux de gauche présentèrent un candidat à la présidence de la République, Michel Crépeau, puis se rassemblèrent, au second tour, autour de la candidature de François Mitterrand. En mai 1981, Michel Crépeau entra au gouvernement de Pierre Mauroy, ainsi que François Abadie. Deux à trois ministres ou secrétaires d'Etat radicaux de gauche participèrent aux gouvernements successifs de la gauche de 1981 à 1995 :
Michel Crépeau, Roger-Gérard Schwartzenberg,
Jean-Michel Baylet , François Doubin, Emile Zuccarelli, tous anciens présidents du MRG. Ils contribuèrent à la mise en œuvre des grandes réformes qui firent entrer dans la réalité leurs idéaux d'humanisme et de solidarité.
La tentation de l'autonomie radicale ne disparut pas après 1981. Elle se manifesta notamment en 1984 (européennes) et 1986 (législatives), sans que le succès soit au rendez-vous.
Sous la présidence de Jean-François Hory, élu en 1993, le MRG - devenu " Radical " - obtint 13 députés aux élections européennes de 1994 avec une liste conduite par Bernard Tapie. Les députés européens radicaux constituèrent au Parlement européen un groupe parlementaire sous la présidence de Catherine Lalumière : le groupe A.R.E. (Alliance Radicale Européenne) qui réunit des élus européens des quatre coins de l'Europe.
LE PRG DANS LA GAUCHE PLURIELLE
En janvier 1996, les radicaux élisent Jean-Michel Baylet qu'ils reconduisent à la tête du parti -dénommé alors Parti radical socialiste.
A l'issue des élections législatives de juin 1997, le parti devient la troisième composante de la majorité plurielle. Forts de leurs 13 députés, les radicaux de gauche constituent à l'Assemblée nationale un groupe parlementaire, avec le MDC et les Verts : le groupe RCV (Radical Citoyen et Vert) présidé par Michel Crépeau, député-maire de La Rochelle.
Trois radicaux entrent au gouvernement de Lionel Jospin :
Emile Zuccarelli, ministre de la Fonction Publique, de la Décentralisation et de la Réforme de l'Etat,
Bernard Kouchner, Secrétaire d'Etat à la Santé,
François Huwart, Secrétaire d'Etat au Commerce Extérieur.
En janvier 1998, Jean-Michel Baylet est réélu président du Parti Radical de Gauche.
Les élections de mars 1998 voit le PRG doubler son nombre de conseillers régionaux et généraux. Cinq Conseils généraux sont présidés par des radicaux de gauche : Lot (Jean Milhau), Haute-Corse (Paul Giacobbi), Tarn-et-Garonne (Jean-Michel Baylet), Hautes-Pyrénées (François Fortassin) et Haute-Saône (Marc Roussel).
En avril 1999, suite au décès de Michel Crépeau, Roger-Gérard Schwartzenberg, député du Val-de-Marne,
lui succède à la tête du groupe RCV à l'Assemblée Nationale.
Lors des élections européennes de juin 1999, Catherine Lalumière et Michel Dary sont réélus députés européens.
Le 26 mars 2000, Jean-Michel Baylet est reconduit à la tête du PRG lors du Congrès du parti. Le lendemain, Roger-Gérard Schwartzenberg est nommé Ministre de La Recherche. Bernard Charles lui succède à la tête du groupe RCV à l'Assemblée Nationale.
LE PARTI RADICAL DE GAUCHE AU XXIe SIECLE
Le PRG choisit en 2002 d'être représenté à l'élection présidentielle par Christiane Taubira , députée de Guyane. À la suite de cette désignation, Christiane Taubira, peu connue jusque là en France métropolitaine, obtient 2,32%. Elle se présentera en 2004 aux élections européennes dans la circonscription Ile-de-France.
Le PRG compte en 2009, une vingtaine de Parlementaires et deux présidents de conseils généraux. A la suite des élections législatives de 2007, les 11 des députés radicaux de gauche siègent comme apparentés au groupe socialiste, radical et citoyen au sein duquel ils constituent un sous-groupe avec des députés divers gauche.
Ils poursuivent en revanche l'expérience originale de leur groupe commun Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) avec le Parti radical « valoisien », plutôt de centre-droit, au Sénat. A la suite des élections sénatoriales de septembre 2008, les sénateurs radicaux de gauche deviennent majoritaires au sein de ce groupe dont Yvon Collin assure la présidence.
Les élections municipales de 2008 ont permis au PRG de presque doubler le nombre de ses conseillers municipaux, et de gagner la Mairie dans 42 communes de plus de 3000 habitants.
Le président du PRG est Jean-Michel Baylet. Réélu lors du congrès des 17 et 18 mai 2008, son mandat court jusqu'en 2011.
Source : PRG National
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